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Georges Brassens
dit Tonton Georges
J'ai imposé la chanson à texte dans le paysage français avec une langue ciselée et des classiques comme « La Mauvaise Réputation », « Chanson pour l’Auvergnat » et « Les Copains d'abord »

Mon parcours
Je suis né à Sète le 22 octobre 1921, dans un milieu modeste où la musique, la poésie et la gouaille méridionale m'ont façonné. Très tôt, je me passionne pour la langue, lisant Villon et Hugo, grattant la guitare et noircissant des cahiers de vers. La guerre bouscule mes débuts, je pars au Service du travail obligatoire, puis revenu à Paris j'affûte mes textes, décidé à faire rimer irrévérence, fraternité et précision prosodique.
Au début des années 1950, Patachou me repère dans son cabaret et m'encourage à chanter mes propres chansons. Ma voix, ma guitare complice et mon goût des histoires font mouche. « La Mauvaise Réputation », « Le Gorille », « Chanson pour l’Auvergnat » et « Les Amoureux des bancs publics » s'imposent, rejoints par « Les Copains d'abord ». Des scènes comme Bobino m'accueillent, les disques se succèdent, et je gagne un large public sans renier la causticité ni la tendresse qui sont ma marque.
Avec le temps, je me fais plus discret, préférant l'atelier des mots aux feux tapageurs. Salué comme un poète autant qu'un chanteur, je poursuis une œuvre où l'humour, la liberté et l'humanisme demeurent mes repères. Je m'éteins en 1981 et repose à Sète. Mes chansons vivent encore, dans les voix qui les reprennent et dans la mémoire d'un pays qui y reconnaît sa langue et ses élans.
Mes réalisations
Le Gorille
Je signe un pamphlet grivois et humaniste, censuré à la radio, succès fondateur.
Les Copains d'abord
Je compose un hymne fraternel, standard intergénérationnel devenu incontournable.
La Mauvaise Réputation
Je publie un manifeste libertaire, sifflé par la censure, devenu standard populaire.
La Supplique pour être enterré à la plage de Sète
Je scelle une élégie sétoise en alexandrins, sommet poétique et signature testamentaire.
Écriture en alexandrins et argot libertaire
J'unis l'alexandrin et l'argot canaille, marque poétique libertaire durable.
Chanson pour l'Auvergnat
Je rends hommage aux gestes discrets, tube durable du répertoire français.
Mourir pour des idées
Je tourne l'ironie contre le fanatisme, satire antimilitariste reprise en chœur.
Les Trompettes de la renommée
Je brocarde vedettariat et presse, satire acérée devenue tube durable.
Les Passantes
Je mets Antoine Pol en musique, méditation mélancolique adoptée par le public.
Il n'y a pas d'amour heureux
Je mets Aragon en musique, ballade grave devenue référence des cabarets.
Les Amoureux des bancs publics
Je chronique la tendresse modeste, succès radiophonique et de scène.
Récitals à Bobino, formule guitare-contrebasse
Je fixe la formule guitare et contrebasse, récitals intimistes à Bobino.
Porte des Lilas, rôle et chansons originales
J'interprète un rôle et signe des chansons pour René Clair, incursion remarquée.
Mes étapes clés
1943
STO et refuge à l'impasse Florimont
Réquisitionné pour le STO et envoyé à Basdorf, puis réfugié chez Jeanne et Marcel Planche à l'impasse Florimont, Paris 14e, il échappe au travail forcé et trouve un lieu propice où mûrissent son répertoire et son indépendance.
1946
Entrée dans le milieu libertaire
Après la guerre, il fréquente la Fédération anarchiste et écrit dans Le Libertaire, ce qui fixe durablement son horizon anticlérical et antimilitariste.
1947
Rencontre et vie commune avec Joha Heiman
La relation avec Joha Heiman, dite Püpchen, lui apporte un ancrage intime durable qui irrigue ses choix de vie et plusieurs textes.
1952
Patachou, Canetti et premiers enregistrements
Repéré par Patachou à Montmartre, poussé à chanter sur sa scène, puis signé par Jacques Canetti pour Philips, il passe de l'ombre au métier d'auteur-interprète et entre en studio.
1953
Censure des débuts et affirmation hors des circuits officiels
Les interdictions de la radio visant Le Gorille et La Mauvaise Réputation l'écartent des circuits officiels, ce qui le pousse à bâtir sa carrière sur le disque et les cabarets.
1953
Premiers triomphes en récital, Bobino
Ses premiers récitals en tête d'affiche, notamment à Bobino, installent une formule épurée guitare et contrebasse et une relation de fidélité avec le public.
1957
Porte des Lilas et refus d'une carrière d'acteur
Après Porte des Lilas de René Clair, il écarte l'idée d'une carrière au cinéma pour préserver son indépendance d'auteur-chansonnier.
1963
Opérations rénales et ralentissement des tournées
Des problèmes rénaux imposent des interventions chirurgicales et l'éloignent régulièrement de la scène, infléchissant son rythme de création et d'apparition publique.
1976
Derniers grands récitals et retrait progressif
À la fin des années 1970, après de dernières séries de récitals à Bobino, il se retire progressivement des scènes pour des raisons de santé et de choix de vie.