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Henri Becquerel
Découvreur de la radioactivité, j'ai ouvert la voie à la physique nucléaire et partagé le prix Nobel de physique 1903 avec Pierre et Marie Curie

Mon parcours
Né à Paris le 15 décembre 1852, je viens d'une lignée de physiciens. Mon grand-père Antoine César et mon père Alexandre Edmond m'ont transmis le goût de l'expérimentation. Formé à l'École polytechnique, ingénieur des Ponts et Chaussées, j'ai d'abord étudié l'optique, puis j'ai succédé à mon père au Muséum national d'Histoire naturelle tout en enseignant à l'École polytechnique. Curieux des phénomènes lumineux, j'ai exploré la phosphorescence et les interactions entre rayonnements et matière.
Au début de 1896, dans le sillage de la découverte des rayons X par Röntgen, j'ai examiné des sels d'uranium et constaté qu'ils impressionnaient des plaques photographiques sans excitation préalable. La radioactivité spontanée était mise en évidence, événement fondateur de la physique du noyau. Mes observations ont orienté les travaux de Pierre et Marie Curie, et, en 1903, nous avons partagé le prix Nobel de physique. J'ai ensuite précisé la nature des rayonnements, mesuré leur absorption et établi leurs lois d'atténuation, en défendant des méthodes expérimentales rigoureuses.
J'ai poursuivi mes fonctions jusqu'en 1908. Mon nom a été donné à l'unité d'activité « becquerel », et l'idée d'émissions spontanées du noyau a transformé la science et la technique, de la médecine à l'énergie. Je reste, aux côtés des Curie, un jalon fondateur de l'ère nucléaire.
Mes réalisations
Preuve expérimentale que les rayonnements bêta sont des électrons
Je démontre par déviation magnétique que les rayonnements bêta sont des électrons.
Note CRAS: Sur les radiations invisibles émises par les corps phosphorescents
Je révèle une émission pénétrante indépendante de l'exposition lumineuse.
Note CRAS: Sur les radiations émises par les sels d'uranium
Je prouve l'émission spontanée continue des sels d'uranium, sans excitation.
Adoption internationale de l'unité becquerel (Bq) pour l'activité
Mon nom donne l'unité SI de l'activité radioactive, le becquerel (Bq).
Indépendance de l'émission radioactive de l'état chimique de l'uranium
Je montre que l'émission radioactive ne dépend pas de l'état chimique.
Premières autoradiographies obtenues avec des sels d'uranium
Je réalise des images directes produites par l'émission des sels d'uranium.
Détermination du rapport e/m et des vitesses des rayons bêta
Je mesure le rapport e/m et la vitesse des rayons bêta par déviation contrôlée.
Invariance des émissions d'uranium à la lumière et à la température
Je montre que lumière et chauffage n'affectent pas l'intensité des émissions d'uranium.
Distinction des composantes déviables et non déviables des rayonnements d'uranium
Je distingue rayons déviables (bêta) et non déviables (gamma) émis par l'uranium.
Expériences de déviation électrique des rayons bêta
Je confirme par champ électrique la charge négative et la mobilité des rayons bêta.
Mesure de l'ionisation de l'air par les radiations d'uranium
Je mesure l'ionisation de l'air provoquée par les radiations des sels d'uranium.
Communication sur les effets physiologiques des rayons du radium
Je décris des lésions cutanées dues au radium, alertant sur ses effets biologiques.
Mesure de l'absorption des radiations d'uranium dans la matière
Je détermine des coefficients d'absorption dans métaux, liquides et gaz.
Mise en évidence du rayonnement secondaire sous irradiation uranique
J'observe un rayonnement secondaire émis par des solides frappés par ces rayons.
Mes étapes clés
1889
Élection à l’Académie des sciences
Son élection à l’Académie des sciences lui offre un relais d’autorité et un accès direct à la tribune des Comptes rendus, par laquelle il diffusera rapidement ses annonces de 1896.
1892
Succession à la chaire du Muséum
En succédant à son père à la chaire de physique du Muséum national d’Histoire naturelle, il obtient un laboratoire et une légitimité institutionnelle qui fixent son cap, de la phosphorescence vers l’étude des radiations invisibles.
1895
Professeur à l’École Polytechnique
Sa nomination comme professeur de physique à l’École Polytechnique élargit ses moyens d’action et son influence sur la formation à la nouvelle physique des rayonnements.
1896
Virage vers l’étude des rayons après Röntgen
À la suite de l’annonce des rayons X, il réoriente ses recherches de phosphorescence vers la recherche de radiations pénétrantes émises par les sels d’uranium, amorçant la série d’essais qui mènera à la découverte.
02/03/1896
Découverte de la radioactivité naturelle
En rendant compte à l’Académie des sciences que les sels d’uranium noircissent des plaques photographiques à travers du papier noir sans exposition à la lumière, après une première note le 24 février, il établit la radioactivité naturelle et ouvre un champ scientifique inédit.
1899
Programme de caractérisation des rayonnements
Il engage un programme systématique de déviation des rayonnements par des champs électriques et magnétiques, reliant les rayons bêta à la théorie de l’électron et plaçant la radioactivité au cœur de la physique expérimentale.
1901
Brûlure au radium
Après avoir porté sur lui un tube de radium prêté par les Curie, il subit une brûlure cutanée persistante, rendant manifestes les effets biologiques des radiations et imposant de nouvelles précautions en laboratoire.
Ma formation
École Polytechnique (Palaiseau, France)1872 – 1875
Formation d'ingénieur à l'École Polytechnique, une des plus prestigieuses écoles d'ingénieurs en France.
École des Ponts et Chaussées (Paris, France)1875
Formation complémentaire en ingénierie à l'École des Ponts et Chaussées, spécialisée dans les infrastructures.