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Jean-Baptiste Poquelin
dit Molière
Je suis l’auteur de comédies majeures comme « Tartuffe », « Le Misanthrope » et « Le Bourgeois gentilhomme », jouées à la cour et encore au répertoire de la Comédie-Française

Mon parcours
Je suis né à Paris en 1622, fils d’un tapissier attaché au roi, et j’ai préféré très tôt les planches aux charges familiales. En 1643, avec Madeleine Béjart et des compagnons, je fonde l’Illustre-Théâtre ; l’entreprise tourne court, les dettes m’accablent et je goûte la prison pour créanciers. J’apprends alors, sur les routes, l’art de faire rire et réfléchir, au contact des publics de province, en forgeant une troupe aguerrie et une langue dramatique vive.
En 1658, de retour à Paris, je joue devant Louis XIV qui me soutient. Le succès de la farce « Les Précieuses ridicules » m’ouvre la capitale ; suivent « L’École des femmes », « Tartuffe », « Dom Juan », « Le Misanthrope » et d’autres pièces marquantes. Je dirige ma troupe, je tiens souvent les premiers rôles, et, avec Lully, j’invente la comédie-ballet qui marie musique et théâtre. Entre faveurs et cabales, je défends une satire des hypocrisies, des faux dévots et des ridicules, malgré les censures qui frappent « Tartuffe ».
Le 17 février 1673, après une représentation du « Malade imaginaire », je m’éteins à Paris. Ma troupe, soutenue par la Cour, donnera naissance à la Comédie-Française, et mes pièces, mêlant farce, vers galants et peinture des mœurs, restent au répertoire. On me lit et on me joue encore, parce que j’ai cherché la vérité comique dans la langue et les comportements, avec une énergie de scène qui parle à toutes les époques.
Mes réalisations
Le Misanthrope
Je compose Le Misanthrope, sommet de la comédie de caractère française.
Tartuffe, version autorisée
Je fais jouer Tartuffe, dénonciation de l'hypocrisie dévote, enfin autorisée.
Dom Juan
Je crée Dom Juan, satire de l'hypocrisie, succès et scandale durables.
L'Avare
Je compose L'Avare, portrait aigu de l'obsession de l'argent.
Le Bourgeois gentilhomme
Je crée Le Bourgeois gentilhomme, satire sociale en comédie-ballet.
Le Malade imaginaire
Je crée Le Malade imaginaire, farce médicale et satire des faux savants.
Invention de la comédie-ballet avec Lully
Invention de la comédie-ballet avec Lully, des Fâcheux au Bourgeois gentilhomme.
Répertoire à l'origine de la Comédie-Française
Répertoire et troupe à l'origine de la Comédie-Française, entérinés en 1680.
Les Précieuses ridicules
Je lance Les Précieuses ridicules, premier grand succès parisien.
La Critique de l'École des femmes
Je publie La Critique de l'École des femmes, défense publique de la comédie.
Mes étapes clés
30/06/1643
Acte de l’Illustre Théâtre et naissance de Molière
En signant l’acte de société avec Madeleine Béjart et leurs partenaires, Jean-Baptiste Poquelin rompt avec le métier paternel et adopte le nom de Molière, s’engageant définitivement dans la vie de troupe.
1645
Faillite parisienne et départ en tournées de province
Acculé par les dettes et brièvement emprisonné, il quitte Paris pour plus d’une décennie de tournées qui affûtent son jeu et ses portraits sociaux, notamment à Pézenas sous la protection du prince de Conti.
24/10/1658
Retour à Paris, triomphe devant la Cour et prise du Palais-Royal
Après une représentation remarquée au Louvre, sa troupe obtient la salle du Petit-Bourbon puis celle du Palais-Royal, passe sous le patronage de Monsieur puis du roi et s’installe au centre de la vie théâtrale parisienne.
20/02/1662
Mariage avec Armande Béjart et recomposition interne de la troupe
Son union avec Armande Béjart reconfigure les distributions et les rapports de pouvoir dans la compagnie, tout en exposant publiquement la vie de la troupe aux rumeurs et aux attaques.
26/12/1662
Scandale de L’École des femmes et riposte théorique
La controverse déclenchée par la pièce l’oblige à défendre publiquement la comédie et la liberté du théâtre, en installant durablement sa voix dans le débat littéraire parisien.
12/05/1664
Affaire Tartuffe, bras de fer avec la censure
Créée à Versailles puis interdite sous la pression de la Compagnie du Saint-Sacrement et des dévots, la pièce entraîne des années de bans et de révisions jusqu’à l’autorisation de 1669, ce qui consolide sa position à la Cour et son combat pour la satire.
mars 1672
Privilège de Lully et fin d’une collaboration clé
Le privilège royal de Lully sur la musique scénique impose la rupture avec Molière, qui réorganise ses spectacles en s’alliant notamment à Charpentier et ajuste sa stratégie de Cour.
17/02/1673
Dernière soirée au théâtre et querelle d’inhumation
Victime d’un malaise après avoir joué Le Malade imaginaire, il meurt à Paris puis sa sépulture, d’abord refusée, n’est accordée que de nuit, révélant la précarité juridique des comédiens.
Ma formation
Licence en droit à Orléans (mention contestée) (Orléans)1641 – 1641
Études de droit souvent citées, sans preuve décisive, qui auraient nourri sa connaissance des milieux juridiques.
Cercle de Pierre Gassendi, leçons de philosophie (apprentissage informel) (Paris)1641 – 1643
Fréquentation du philosophe et de son cercle, ouverture à la science moderne et à l’éthique épicurienne.
Fondation de l’Illustre Théâtre avec Madeleine Béjart, débuts professionnels (Paris)30/06/1643 – 1645
Création de la troupe et premiers rôles soutenus, apprentissage de la scène parisienne et de la gestion de compagnie.
Longues tournées formatrices en province, direction de troupe et protection du prince de Conti (Languedoc (Pézenas), Provence et Guyenne)1645 – 24/10/1658
Après la faillite parisienne, années d’itinérance qui affinent son répertoire comique et sa maîtrise du jeu et de la troupe.
Collège de Clermont (futur lycée Louis-le-Grand), études humanistes et rhétorique (Paris)
Formation jésuite en grammaire, rhétorique et théâtre scolaire, base de sa culture classique.