Pour un rendu optimal à l'impression, téléchargez la version PDF depuis https://le-cv.de/jean-renoir.
Jean Renoir
Je suis le cinéaste qui a donné au réalisme humaniste une forme moderne avec « La Grande Illusion » et « La Règle du jeu »

Mon parcours
Je suis né à Paris en 1894, fils du peintre Pierre-Auguste Renoir. Mon enfance au milieu des toiles m'a donné le sens de la lumière et du mouvement. Blessé pendant la Première Guerre mondiale, j'ai découvert le cinéma en convalescence et me suis formé en pratiquant, d'abord avec des films muets tournés avec Catherine Hessling, comme « La Fille de l'eau » et « Nana ».
Au début des années 1930, j'ai trouvé mon ton, à la fois réaliste, populaire et humaniste, avec « Boudu sauvé des eaux », « Le Crime de Monsieur Lange » et « La Grande Illusion ». J'ai poussé plus loin l'expérience avec « La Bête humaine » et surtout « La Règle du jeu », d'abord incomprise puis reconnue comme un jalon de l'histoire du cinéma. La guerre m'a conduit aux États-Unis, où j'ai tourné « Swamp Water », « The Southerner » et « The River », avant de revenir vers la France avec « Le Carrosse d'or », « French Cancan » et « Elena et les hommes ».
Je me suis toujours attaché à filmer la circulation des êtres, l'ambiguïté morale et la liberté du cadre, convaincu que l'art naît du regard porté sur les autres. Mes mémoires « Ma vie et mes films » et « Renoir, mon père » prolongent ce dialogue avec le public. Couronné par un Oscar d'honneur en 1975, je laisse l'image d'un artisan du récit, attentif aux acteurs et au rythme, dont les films continuent d'inspirer cinéastes et spectateurs.
Mes réalisations
La Règle du jeu
Je signe une comédie chorale, sommet formel et satire sociale d'avant-guerre.
La Grande Illusion
Je réalise un drame pacifiste majeur, succès international et repère du cinéma.
Signature stylistique et innovations
J'impose profondeur de champ, plans-séquences et mise en scène d'ensemble.
The River
Je tourne en Inde en Technicolor, récit initiatique salué par Satyajit Ray.
Cycle réaliste et populaire des années 1930
J'installe un réalisme poétique ancré socialement, du peuple aux marges.
Trilogie tardive en couleur et théâtre
Je conçois une trilogie en couleur, théâtrale et baroque, avec Magnani et Gabin.
The Southerner
Je réalise à Hollywood un portrait âpre de métayers, salué pour son humanisme.
Le Testament du docteur Cordelier
Je signe un film télévisé innovant, variation libre sur Dr Jekyll et Hyde.
Renoir, mon père
Je publie un hommage biographique majeur à Auguste Renoir, source historique clé.
Ma vie et mes films
Je livre une autobiographie sur l'art, la méthode et l'éthique de mise en scène.
La Vie est à nous
Je coordonne un film militant du Front populaire, chronique sociale et espoir collectif.
Nana
J'adapte Zola au muet, fresque ambitieuse qui forge une grammaire personnelle.
Étapes clés
1915
Blessure de guerre et éveil au cinéma
Blessé à la jambe pendant la Première Guerre mondiale, il découvre intensément le cinéma durant sa convalescence, ce qui oriente sa vie vers la réalisation.
1920
Mariage avec Catherine Hessling et pari de l’autoproduction
En épousant Catherine Hessling, modèle de son père et future interprète, il choisit de réaliser à ses frais ses premiers films, posant les bases d’une indépendance artistique précoce.
1931
Passage au parlant et constitution d’une troupe
L’arrivée du sonore l’amène à s’entourer d’un noyau fidèle de collaborateurs, notamment la monteuse Marguerite Renoir et des acteurs comme Michel Simon et Jean Gabin, stabilisant sa méthode et sa voix.
1936
Ralliement au Front populaire et tournant social
Son engagement auprès des mouvements du Front populaire et de collectifs comme Ciné-Liberté infléchit son cinéma vers les enjeux collectifs et affirme sa place d’artiste citoyen.
juillet 1939
Scandale de 1939 et réhabilitation critique
Huée puis censurée à sa sortie, La Règle du jeu est restaurée après-guerre et défendue par les Cahiers du cinéma et les classements internationaux, devenant l’axe de sa postérité.
1940
Départ pour Hollywood en temps de guerre
Fuyant l’Europe en guerre et les pressions du régime de Vichy, il s’installe à Hollywood où il réorganise sa pratique au sein des studios tout en préservant son regard d’auteur.
1947
Désaveu des montages imposés et recherche d’indépendance
La mutilation de The Woman on the Beach par la RKO le convainc de se détourner du système des studios et de préparer des projets plus autonomes.
1950
Choix de tourner en Inde et réinvention par la couleur
En décidant de réaliser en Inde un film en Technicolor avec une équipe légère, il renouvelle sa mise en scène et ouvre sa veine tardive hors des circuits de studio.
1962
Passage à l’écrit et transmission de la mémoire
Il se tourne vers l’écriture d’ouvrages sur le cinéma et sur son père, fixant sa pensée et consolidant sa réception critique au-delà de sa filmographie.
Ma formation
École des beaux-arts de Paris (Paris, France)1900 – 1903
Études, exposition aux arts visuels et à la peinture. Influence sur mon approche cinématographique.
Service militaire (France)1914 – 1918
Service dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale. Expérience marquant profondément ma vision artistique et mon approche du cinéma.