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Marc Bloch
Cofondateur de l’École des Annales, je fais dialoguer histoire et sciences sociales sur la longue durée et paie mon engagement résistant de ma vie

Mon parcours
Je suis né à Lyon en 1886, dans une famille d’enseignants, et je me forme à l’École normale supérieure avant d’être agrégé d’histoire. Ancien combattant de 1914-1918, je reviens au métier d’historien avec la conviction que l’étude du passé doit embrasser l’économie, les mentalités et les structures sociales. À Strasbourg, puis à Paris, je m’attache à la France médiévale et publie « Les Rois thaumaturges », qui interroge les croyances collectives et leurs pouvoirs.
En 1929, avec Lucien Febvre, je fonde la revue « Annales d’histoire économique et sociale », laboratoire d’une histoire totale et comparée. Je défends la longue durée, le croisement des sources et le dialogue avec les sciences sociales, tandis que je travaille à « La Société féodale ». Face à l’effondrement de 1940 et aux lois d’exclusion, je refuse la résignation, j’entre dans la Résistance à Lyon, je tiens clandestinement plume et réunions.
Arrêté en 1944, torturé, je suis fusillé le 16 juin près de Lyon. Mon dernier manuscrit, « Apologie pour l’histoire, ou Métier d’historien », paraîtra après ma mort et deviendra un bréviaire pour des générations. Mon héritage tient dans une méthode, une curiosité sans frontières et une éthique de l’enquête, qui font de l’histoire une science humaine ouverte sur le monde.
Mes réalisations
Cofondation des Annales d'histoire économique et sociale
Je cofonde avec Lucien Febvre une revue phare, matrice de l'école des Annales.
Les Rois thaumaturges
Je publie une enquête comparée sur les guérisons royales en France et en Angleterre.
La Société féodale
Je signe une synthèse magistrale sur les structures, liens et pouvoirs de la féodalité.
Apologie pour l'histoire, ou Métier d'historien
Je formule un manifeste méthodologique posthume sur questions, sources et temps historique.
Les Caractères originaux de l'histoire rurale française
Je renouvelle l'histoire agraire par une vaste synthèse sur structures et techniques rurales.
Chaires d'histoire médiévale à Strasbourg puis à la Sorbonne
Je dirige des chaires et séminaires qui refondent enseignement et recherche médiévale.
Pour une histoire comparée des sociétés européennes
Je plaide pour la comparaison systématique, outil central d'une histoire-problème.
Histoire et sociologie
J'articule l'histoire et les sciences sociales, programme pour l'interdisciplinarité.
Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre
J'analyse la rumeur de guerre et ses mécanismes, jalon précoce des études médiatiques.
Centre Marc Bloch, Berlin
Institution de recherche franco-allemande éponyme, ancrage durable de sa postérité intellectuelle.
Étapes clés
août 1914
Mobilisation de 1914 et expérience du front
Mobilisé comme officier pendant la Première Guerre mondiale, il vit l'épreuve du feu et des états-majors, expérience qui nourrit durablement sa réflexion sur les mentalités collectives et les défaillances institutionnelles.
1919
Strasbourg 1919, alliance avec Lucien Febvre
Recruté à l'Université de Strasbourg reconstruite, il s'y lie à Lucien Febvre et réoriente son métier vers l'histoire économique et sociale comparée, matrice du mouvement des Annales.
1936
Chaire à la Sorbonne
Appelé à la Sorbonne, il change d'échelle institutionnelle, étend son audience et structure un réseau d'élèves qui porteront sa méthode.
septembre 1939
Exode universitaire à Clermont-Ferrand
Avec l'évacuation de l'Université de Strasbourg à Clermont-Ferrand, il enseigne et écrit loin de Paris, cadre qui conditionne ses textes de 1940-1942 et ses premiers contacts clandestins.
juillet 1940
Défaite de 1940 et rédaction de L'Étrange Défaite
Démobilisé après la campagne de 1940, il rédige L'Étrange Défaite, un diagnostic sans détour de l'effondrement militaire et moral qui l'engage dans un combat civique.
1941
Éviction par les lois antisémites de Vichy
Sous le Statut des Juifs, il est écarté de l'enseignement à Clermont-Ferrand, rupture matérielle et symbolique qui le pousse vers l'illégalité.
novembre 1942
Entrée en Résistance, Franc-Tireur à Lyon
Après l'invasion de la zone sud, il bascule dans la clandestinité à Lyon, rejoint le réseau Franc-Tireur et participe aux liaisons des MUR.
16/06/1944
Arrestation par la Gestapo et exécution
Arrêté puis détenu à la prison Montluc, il est fusillé le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans avec des résistants lyonnais, scellant son engagement jusqu'au sacrifice.
Ma formation
École normale supérieure (Paris)1904 – 1908
J'y reçois une formation d'excellence en histoire, qui façonne ma pensée critique et mes méthodes d'analyse.
Agrégation d'histoire1908
J'obtiens l'agrégation, ce qui me permet d'enseigner et de contribuer à la recherche historique.
Séjour à Berlin et Leipzig (Allemagne)1908 – 1909
J'y acquiers une ouverture germanique qui enrichit ma perspective historique et mes recherches.