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Blaise Pascal
J’ai conçu la « Pascaline », démontré la réalité du vide, cofondé avec Fermat le calcul des probabilités et laissé les « Pensées » qui irriguent encore la philosophie moderne

Mon parcours
Je suis né à Clermont, dans une famille où l’on cultivait le savoir, et j’ai très tôt montré une inclination pour la géométrie et la mécanique. Adolescent, je rédigeai un mémoire sur les coniques et, pour aider mon père dans ses calculs, je conçus une machine arithmétique, la « Pascaline ». Cette curiosité, soutenue par une santé fragile, m’a conduit à chercher des démonstrations nettes, à la fois dans les nombres et dans la nature.
À Paris, j’expérimentai sur la pression des fluides et le vide, notamment au Puy-de-Dôme, établissant le principe que l’on nommera plus tard « loi de Pascal ». En correspondance avec Fermat, je posai les bases du calcul des probabilités et mis en forme le « triangle arithmétique ». Marqué par les controverses religieuses de mon temps, je pris la plume pour les « Lettres provinciales », où j’alliai ironie et rigueur au service d’une morale exigeante.
Les dernières années furent consacrées à une méditation inachevée, les « Pensées », où se trouve mon pari sur Dieu et une anthropologie lucide. Je mourus à Paris en 1662, laissant des contributions qui unissent sciences exactes et réflexion sur la condition humaine. L’unité de pression « pascal » perpétue mon nom, et l’art de raisonner sous incertitude reste l’héritier direct de mes travaux.
Mes réalisations
Pascaline, machine arithmétique
Je conçois et fabrique une calculatrice mécanique fiable pour additionner et soustraire.
Pensées, apologie et pari
Je laisse une apologie fragmentaire, publiée en 1670, incluant le pari de la croyance.
Expérience du Puy de Dôme sur la pression atmosphérique
Je fais mesurer le baromètre au Puy de Dôme, preuve de la pression atmosphérique variable.
Correspondance avec Fermat, fondation des probabilités
Je formalise avec Fermat le calcul des chances et l'espérance par échanges épistolaires.
Les Provinciales
Je publie des lettres satiriques défendant Arnauld et attaquant la casuistique jésuite.
Traités de l'équilibre des liqueurs et de la pesanteur de l'air
Je formule la loi de Pascal et le principe de la presse hydraulique en hydrostatique.
Traité du triangle arithmétique
Je systématise le triangle arithmétique, coefficients binomiaux et méthodes de dénombrement.
Expériences nouvelles touchant le vide
Je publie des expériences prouvant le vide au-dessus du mercure, prolongeant Torricelli.
Théorème de Pascal, géométrie des coniques
Je démontre l'hexagramme mystique, pivot fondateur de la géométrie projective moderne.
Carrosses à cinq sols, service public parisien
Je lance des lignes régulières de transport urbain à tarif unique, innovation sociale.
Concours sur la cycloïde, pseudonyme Amos Dettonville
J'organise un défi sur la cycloïde, quadratures, tangentes et centres de gravité.
Mes étapes clés
1631
Paris, entrée dans le réseau de Mersenne
Le déménagement familial à Paris permet à son père de l’introduire chez Mersenne, où sa précocité est reconnue et où il adopte un travail fondé sur l’échange savant et la rigueur géométrique.
1640
Rouen, charges fiscales du père et virage vers l’instrumentation
Confronté à la complexité des calculs administratifs d’Étienne Pascal à Rouen, il s’oriente vers des solutions techniques concrètes qui amorcent son intérêt durable pour les dispositifs de calcul.
1646
Rencontre avec Port-Royal après l’accident du père
La convalescence de son père met la famille en contact régulier avec des proches de Port-Royal, et Blaise adopte une ascèse janséniste qui reconfigure ses priorités intellectuelles.
1647
Querelle du vide, choix de l’épreuve des faits
Face aux objections cartésiennes et académiques sur la possibilité du vide, il décide de faire trancher le débat par des expériences publiques et mesurables, affirmant une méthode expérimentale.
1651
Mort du père et sociabilités mondaines
La disparition d’Étienne Pascal bouleverse l’équilibre familial, l’éloigne de Port-Royal et l’attire un temps vers les salons et la protection du duc de Roannez.
1654
Le défi du hasard relance sa recherche mathématique
Interpellé par le chevalier de Méré sur les jeux de hasard, il reprend le travail théorique et ouvre un chantier neuf sur l’évaluation du risque.
23/11/1654
Nuit de feu, retour radical à la foi
L’expérience mystique consignée dans le Mémorial fixe un engagement religieux exclusif et déclenche le projet d’une apologie chrétienne.
1657
Conflit ouvert avec les jésuites et censure
En défendant Arnauld sous pseudonyme, il mène une campagne contre la casuistique jésuite dont le retentissement et les interdictions officielles le poussent à se retirer davantage de la vie publique.
1659
Maladies et retrait, chantier spirituel inachevé
Accablé par des douleurs chroniques, il renonce aux entreprises et aux mondanités, vit dans l’austérité et laisse un vaste projet apologétique à l’état de fragments.
Ma formation
Instruction domestique par Étienne Pascal (Paris, France)1631 – 1639
Éducation à la maison, forte orientation mathématique et scientifique, base de sa méthode de démonstration.
Fréquentation du cercle savant de Marin Mersenne (Paris, France)1636 – 1639
Apprentissage informel par échanges avec géomètres et physiciens, immersion dans la circulation des idées et la critique par les pairs.
Étude de la géométrie projective autour des travaux de Desargues (Paris, France)1639 – 1640
Lecture et échanges sur la théorie des coniques de Desargues, structuration de sa pensée géométrique.
Atelier et prototypage de la machine arithmétique (Pascaline) (Rouen, France)1642 – 1645
Débuts professionnels en ingénierie, conception d’une calculatrice pour assister les calculs fiscaux de son père, apprentissage de la mécanique de précision.
Autoformation expérimentale sur le vide et la pression (Rouen, France)1646 – 1647
Expériences barométriques inspirées de Torricelli, mise en place de protocoles et instruments qui consolident sa pratique expérimentale.
Séjours d’étude et d’échanges à Port-Royal des Champs (Port-Royal des Champs, France)1655 – 1657
Apprentissage intellectuel auprès des Solitaires et d’Antoine Arnauld, formation théologique et logique nourrissant son apologétique.