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Claude Chabrol

Artisan de la Nouvelle Vague, j’ai imposé un art du suspense moral avec « Le Beau Serge », « Les Cousins », « Le Boucher » et « La Cérémonie »

1930 – 2010 · né Claude Henri JeanRéalisateur · Scénariste · Producteur de cinéma
Claude Chabrol

Mon parcours

Je suis né à Paris le 1930-06-24 dans un milieu bourgeois, vite gagné par le goût des histoires. Enfant, j’ai vécu la guerre dans la Creuse, à Sardent, où la pénombre des salles et des ciné-clubs m’a révélé la puissance du cinéma. De retour à Paris, j’ai étudié les lettres, fréquenté la Cinémathèque française et rejoint les « Cahiers du cinéma ». Avec Éric Rohmer, j’ai cosigné un essai sur Alfred Hitchcock, à la fois leçon de mise en scène et déclaration d’admiration.

En 1958, j’ai réalisé « Le Beau Serge », considéré comme un des premiers longs métrages de la Nouvelle Vague, bientôt suivi par « Les Cousins ». J’ai bâti ensuite une œuvre qui observe, avec ironie et précision, les mécanismes de la bourgeoisie. « Les Bonnes Femmes », « La Femme infidèle », « Le Boucher » et « Violette Nozière » ont installé mon style. Plus tard, « Poulet au vinaigre », « La Cérémonie » et « Merci pour le chocolat » ont prolongé cette veine, souvent avec des acteurs fidèles comme Stéphane Audran et Isabelle Huppert. J’ai aussi beaucoup tourné pour la télévision.

Je suis mort à Paris le 2010-09-12. Mon héritage relie l’élan critique de la Nouvelle Vague à un art populaire de l’intrigue, attentif aux détails du quotidien et aux faux-semblants. On me lit comme un moraliste amusé qui filme sans emphase, avec une clarté patiente.

Mes réalisations

1970

Le Boucher

Je cristallise mon style, amour, meurtre et village en tension sourde.

1958

Le Beau Serge

Je signe mon premier long métrage, jalon fondateur de la Nouvelle Vague.

1995

La Cérémonie

J'adapte Ruth Rendell, affrontement de classes incandescent avec Huppert et Bonnaire.

1969

Que la bête meure

J'adapte Nicholas Blake, vengeance méthodique et trouble moral sur la côte bretonne.

1959

Les Cousins

Je filme un duel moral de jeunesse, satire acérée du milieu étudiant.

1969

La Femme infidèle

Je lance ma veine thriller bourgeois, autopsie glacée du couple et du mensonge.

1988

Une affaire de femmes

Je chronique l'avortement clandestin sous Occupation, portrait implacable d'une survivante.

1978

Violette Nozière

Je dirige Huppert dans un fait divers, portrait venimeux d'émancipation ambiguë.

1991

Madame Bovary

J'adapte Flaubert, fresque nerveuse des illusions romantiques corsetées par la province.

1994

L'Enfer

Je revisite la jalousie maladive, fièvre visuelle d'un projet rêvé par Clouzot.

1968

Les Biches

Je bouscule les codes sexuels dans un drame feutré de désir et manipulation.

1999

Au coeur du mensonge

Je tisse un policier venimeux en Bretagne, soupçon, rumeur et cruauté médiatique.

2000

Merci pour le chocolat

Je retrouve Huppert, thriller feutré suisse, poison domestique et faux-semblants.

1971

Juste avant la nuit

Je dissèque la culpabilité d'un notable, engrenage intime et social implacable.

1973

Les Noces rouges

Je signe un crime d'adultère, satire corrosive des notables provinciaux.

1985

Cycle Inspecteur Lavardin (cinéma et télévision)

Je lance Lavardin avec Poulet au vinaigre, prolongé en film et série télé.

Étapes clés

1957

Critique et étude sur Hitchcock, cap vers la mise en scène

Coécrit avec Éric Rohmer, l’ouvrage sur Hitchcock lui donne une légitimité critique et des outils de mise en scène qui précèdent immédiatement ses premiers tournages.

1959

Premiers longs et entrée éclatante dans la Nouvelle Vague

Avec Le Beau Serge tourné à Sardent puis l’Ours d’or à Berlin pour Les Cousins, il lance sa carrière d’auteur et s’impose parmi les initiateurs de la Nouvelle Vague.

1960

Échecs relatifs du début des années 1960, recentrage de méthode

L’accueil public décevant de plusieurs films, dont Les Bonnes Femmes, le pousse à accepter des commandes et à resserrer son écriture en vue d’une inflexion esthétique.

1963

Constitution d’un atelier fidèle

Autour de Jean Rabier, Pierre Jansen, Paul Gégauff et de Stéphane Audran, il fixe une équipe qui stabilise durablement son style visuel, musical et dramaturgique.

1968

Virage vers le suspense bourgeois

À partir de Les Biches, La Femme infidèle, Que la bête meure et Le Boucher, il oriente son cinéma vers le suspense moral et la dissection de la bourgeoisie, veine qui devient sa signature.

1973

Affaire de censure autour d’un film politique

En résonance avec l’affaire de Bruay-en-Artois, Les Noces rouges est retiré un temps de l’exploitation en France, heurt qui infléchit son rapport au politique et à l’actualité brûlante.

1978

Alliance avec Isabelle Huppert, relance internationale

À partir de Violette Nozière, une collaboration suivie avec Isabelle Huppert réoriente ses portraits féminins et accompagne un regain d’attention critique hors de France.

1985

Va-et-vient cinéma et télévision, ancrage policier

Avec Poulet au vinaigre puis des déclinaisons télévisées autour d’un même commissaire, il assume un double ancrage grand écran et petit écran qui élargit son public.

1995

Couronnement des années 1990

En adaptant Ruth Rendell avec Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire, La Cérémonie synthétise son art du crime social et lui vaut une reconnaissance renouvelée en France et à l’étranger.

Ma formation

Cahiers du cinéma, critique1951 – 1952

J'y coécris un essai sur Hitchcock qui marque mes débuts dans la critique cinématographique.

Ce CV historique est une reconstitution narrative basée sur des sources publiques.
Certains contenus ont été générés avec l'aide de l'intelligence artificielle et peuvent contenir des imprécisions.
Dernière mise à jour : 17 octobre 2026

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