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Olympe de Gouges
J’ai publié la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » et porté la cause des femmes et des affranchis dans l’espace public

Mon parcours
Je suis née à Montauban en 1748 sous le nom de Marie Gouze, dans un milieu modeste. Mariée très jeune et vite veuve, j’ai choisi de refuser la résignation. En gagnant Paris, j’ai pris le nom d’Olympe de Gouges, j’ai fréquenté les salons et je me suis engagée au théâtre, convaincue que la scène et l’imprimé pouvaient ouvrir la voie d’une émancipation réelle.
Dramaturge, j’ai écrit des pièces comme « L’Esclavage des Noirs » pour dénoncer la traite et défendre l’abolition. Avec la Révolution, j’ai multiplié affiches et brochures, appelant à l’égalité civile, au divorce, à la reconnaissance des enfants nés hors mariage et à une citoyenneté active des femmes. En 1791, ma « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » a exigé l’égalité en droit et en dignité, miroir et mise à l’épreuve du texte fondateur de 1789.
Hostile à la Terreur et proche des Girondins, j’ai payé mon franc-parler, arrêtée puis condamnée à mort en 1793. Si ma voix fut réduite, elle n’a pas été éteinte. Mon combat a nourri le féminisme moderne, l’abolitionnisme et l’idée que la démocratie ne se conçoit qu’avec l’égalité des sexes, une inspiration qui continue d’éduquer, de mobiliser et d’éclairer les luttes contemporaines.
Mes réalisations
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Je publie la Déclaration, affirmant citoyenneté et égalité politiques des femmes.
L'Esclavage des Noirs (Zamore et Mirza), Comédie-Française
Je fais jouer à la Comédie-Française une pièce antiesclavagiste en pleine Révolution.
Programmes sociaux et droits civils des femmes
Je propose divorce, égalité conjugale, maternités publiques et éducation civique féminine.
Toponymie et commémorations nationales
Inscription durable dans la mémoire publique, rues, lycées et débats au Panthéon.
Forme de contrat social de l'homme et de la femme
J'annexe à la Déclaration un contrat d'égalité civile et de responsabilités partagées.
Lettre au Peuple, ou Projet d'une caisse patriotique
Je soumets un financement solidaire pour secours publics et emplois civiques.
Mirabeau aux Champs-Élysées
Je compose une pièce d'actualité politique, interrogeant vertus civiques et corruption.
Le Bonheur primitif de l'homme
Je publie un essai philosophique, prélude à mes propositions sociales et politiques.
Mes étapes clés
1768
Veuvage, départ pour Paris et pseudonyme
Après un veuvage précoce, elle quitte Montauban pour Paris et adopte le nom Olympe de Gouges, choix qui l’insère dans les réseaux littéraires et fixe son ambition d’écrire pour le public.
1789
Bras de fer avec la Comédie-Française
Le conflit avec la Comédie-Française autour de L’Esclavage des Noirs, entre reports et censure, la place au centre d’une controverse publique et oriente sa plume vers le combat politique.
juillet 1789
Du théâtre aux adresses politiques
Portée par l’événement révolutionnaire, elle publie des adresses et projets de réformes sociales, quittant la scène pour intervenir directement dans le débat public.
septembre 1791
Rupture avec les Jacobins
En défendant la participation politique des femmes et en critiquant Robespierre, elle s’aliène les Jacobins, devient la cible de dénonciations et se place dans une opposition assumée.
décembre 1792
Prise de position sur le procès de Louis XVI
Lors du procès de Louis XVI, elle plaide l’appel au peuple et l’exil plutôt que l’exécution, affirmant une ligne légaliste qui la coupe des révolutionnaires radicaux.
juillet 1793
Engagement girondin et appel au référendum
Avec Les Trois Urnes, elle propose un référendum national sur le régime et affiche son camp girondin, ce qui déclenche des poursuites et l’hostilité des Jacobins à Paris.
03/11/1793
Arrestation, procès et exécution pendant la Terreur
Arrêtée pour ses affiches et pamphlets, elle se défend seule devant le Tribunal révolutionnaire puis est guillotinée à Paris, fin tragique qui fige son destin et sa postérité militante.