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Pierre Corneille
dit le Grand Corneille
Auteur du « Cid » et des tragédies canoniques « Horace », « Cinna » et « Polyeucte », j'ai donné ses lois à la scène classique

Mon parcours
Je suis né à Rouen en 1606, dans une famille de magistrats, et j'ai reçu une solide éducation humaniste chez les jésuites. D'abord destiné au barreau, je deviens avocat et m'essaie très tôt au théâtre. Ma première comédie, « Mélite » en 1629, ouvre la voie à des pièces mêlant observation sociale et invention scénique, jusqu'à « L'Illusion comique ». Entre le Palais et la scène, je forge ma langue, une déclamation vigoureuse au service des passions et de l'honneur.
Le triomphe du « Cid » en 1637 me fait connaître dans toute l'Europe, tout en déclenchant la Querelle du Cid et un débat salutaire sur les règles dramatiques. J'affirme alors une tragédie de l'énergie morale avec « Horace », « Cinna » et « Polyeucte », puis j'explore d'autres voies avec « Rodogune » et « Nicomède ». Réfléchissant à mon art, je publie les « Discours sur le poème dramatique ». Malgré des éclipses et la concurrence de Racine, je poursuis, entre commande et retraite, une recherche exigeante de la grandeur scénique.
Mes dernières années voient encore des essais, jusqu'à « Suréna » en 1674, avant de m'éteindre à Paris en 1684. Je laisse à la scène française une grammaire du conflit intérieur, l'alexandrin porté à sa plénitude et une figure du héros partagé entre amour et devoir. Mon théâtre, étudié et joué sans relâche, demeure un repère pour penser la liberté, la vertu et la raison d'État.
Mes réalisations
Cinna, ou la clémence d'Auguste
Je dramatise la clémence impériale, sommet de la raison d'État classique.
Polyeucte
J'érige le martyr chrétien en héros tragique, foi contre amour et pouvoir.
Horace
Je crée une tragédie d'honneur romain, duel des devoirs publics et privés.
Le dilemme cornélien
Je fixe le conflit honneur contre amour, boussole morale du héros tragique.
Discours sur le poème dramatique
Je formalise unités, bienséances et vraisemblance, avec Examens de mes pièces.
L'Illusion comique
J'expérimente théâtre dans le théâtre, brouillant fiction, illusion et réel.
Le Menteur
J'innove en comédie d'intrigue, adaptant Alarcón pour la scène parisienne.
Andromède
Je conçois une tragédie à machines, grand spectacle visuel à la cour.
Mélite
Je lance la comédie moderne, intrigues fines et langage naturel sur scène.
L'Imitation de Jésus-Christ, traduction en vers
Je traduis en vers un classique spirituel, succès durable en librairie dévote.
Médée
Je signe ma première tragédie française, vigueur rhétorique et implacable logique.
Suréna
Je crée ma dernière tragédie, élégie politique sur l'échec, l'amour et la loyauté.
Étapes clés
1629
Du barreau au théâtre
Porté par l’accueil de ses premières comédies jouées au théâtre du Marais, il fait du théâtre son activité première et délaisse la voie juridique entamée à Rouen.
1635
Richelieu et les Cinq Auteurs, rupture
Recruté par Richelieu au groupe des Cinq Auteurs (Boisrobert, Rotrou, Colletet, Claude de L’Estoile et lui-même), il refuse vite l’écriture à façon et rompt avec le cardinal, affirmant une indépendance esthétique décisive.
1637
Le Cid et la Querelle du Cid
Le triomphe public du Cid déclenche une polémique menée par Scudéry et conduit, à la demande de Richelieu, aux Sentiments de l’Académie française, qui le consacrent tout en l’astreignant aux règles et en l’exposant aux reproches d’emprunt à Guillén de Castro.
1652
Retraite après Pertharite
Après l’accueil défavorable de Pertharite, il se retire durablement des scènes parisiennes, refermant une première période créatrice et suspendant sa production dramatique.
1656
Repli spirituel et Imitation
Durant son retrait, il se tourne vers la littérature dévote en versifiant l’Imitation de Jésus-Christ, ce qui l’éloigne des enjeux scéniques tout en entretenant sa notoriété.
1659
Retour sur scène
Avec son retour au répertoire parisien à partir d’Œdipe, il relance sa carrière dramatique et tente d’ajuster son écriture au goût classique qui s’est imposé pendant son silence.
1670
Rivalité avec Racine et dernières tragédies
La confrontation autour de Bérénice (Racine) et de Tite et Bérénice (Corneille), suivie de ses ultimes tragédies jusqu’à Suréna en 1674, entérine le basculement du public vers Racine et précipite son retrait définitif du théâtre.
Ma formation
Études de droit à l'Université de Rouen (Rouen)1620 – 1625
J'y acquiers des connaissances en droit qui influencent mes réflexions sur la justice et l'honneur dans mes œuvres.
Débuts au théâtre avec 'Mélite'1629
Je fais mes premiers pas dans le monde du théâtre avec cette comédie, marquant le début de ma carrière d'auteur dramatique.