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Simone Veil
J'ai fait adopter en 1975 la loi légalisant l'interruption volontaire de grossesse en France et présidé le premier Parlement européen élu au suffrage universel

Mon parcours
Je suis née à Nice en 1927 dans une famille juive laïque. Mon adolescence a été brisée par la guerre et la déportation à Auschwitz-Birkenau en 1944, puis la marche et l'épuisement de la fin des camps. Revenue en France après la Libération, marquée par la perte de ma mère et la disparition de mon père et de mon frère, j'ai choisi de reprendre des études de droit et de sciences politiques, de me marier en 1946 et d'entrer dans la magistrature. Mes premières années au service de l'État, notamment à l'administration pénitentiaire, ont forgé ma conviction que la République doit protéger la dignité de chacun.
Appelée au gouvernement en 1974 comme ministre de la Santé, j'ai porté le combat pour la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse, aboutissant à l'adoption de la « loi Veil » en 1975, et engagé des réformes de santé publique et de contraception. En 1979, élue au suffrage universel, je suis devenue la première femme présidente du Parlement européen, où j'ai défendu une Europe politique, sociale et fidèle à ses droits fondamentaux. De retour au gouvernement en 1993, j'ai œuvré aux Affaires sociales, à la Santé et à la Ville, tout en poursuivant mon engagement pour la mémoire de la Shoah et pour les droits des femmes, puis en siégeant au Conseil constitutionnel et en étant élue à l’Académie française.
Jusqu'à mes derniers jours, j'ai voulu faire de mon expérience un levier au service de la justice, de la liberté et de l'égalité. Ma disparition en 2017 a été suivie de mon entrée au Panthéon, signe d'un hommage collectif à des combats menés au nom de toutes et tous.
Mes réalisations
Adoption de la loi Veil légalisant l’IVG
Je fais adopter la légalisation encadrée de l’IVG, droit nouveau pour les femmes.
Promulgation de la loi Veil sur l’IVG
Loi n°75-17 promulguée, ouvrant l’accès légal à l’IVG en France.
Élection comme première présidente du Parlement européen
Je dirige la première assemblée élue au suffrage universel direct, affirmant son rôle.
Lois de bioéthique de 1994
Je fais adopter un cadre éthique pour PMA, don d’organes et recherche embryonnaire.
Accès élargi à la contraception et au planning familial
Remboursement et information publique, consolidation et application de la loi Neuwirth.
Présidence de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Je structure éducation, recherche et restitutions au service de la mémoire de la Shoah.
Première loi anti-tabac moderne
Encadrement de la publicité, avertissements sanitaires et premières campagnes de prévention.
Loi d’orientation en faveur des personnes handicapées
Je porte une loi-cadre garantissant droits, insertion et accessibilité des personnes.
Création de l’Agence du médicament
Je fonde l’autorité du médicament, sécurité sanitaire et pharmacovigilance renforcées.
Publication des mémoires Une vie
Autobiographie best-seller, éclairant engagements politiques, européens et humanistes.
Membre du Conseil constitutionnel
Je participe au contrôle de constitutionnalité et à la garantie des libertés publiques.
Mes étapes clés
1944
Déportation à Auschwitz-Birkenau
Arrêtée à Nice parce que juive, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau puis transférée à Bergen-Belsen, épreuve qui oriente durablement son engagement pour la dignité humaine et la mémoire de la Shoah.
1945
Retour des camps, choix du droit
Revenue de la déportation, elle s’oriente vers le droit et Sciences Po pour reconstruire sa vie dans les institutions républicaines et servir l’État de droit.
1956
Entrée dans la magistrature
En devenant magistrate, elle s’implique dans la justice et l’administration pénitentiaire, ancrant sa trajectoire dans l’action publique concrète.
mai 1974
Nommée ministre de la Santé
Appelée au gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing, elle prend en charge les dossiers de contraception et d’interruption de grossesse, acceptant d’affronter un conflit moral et politique national.
26/11/1974
Discours du 26 novembre 1974
À la tribune de l’Assemblée nationale, elle défend la dépénalisation de l’IVG face à une hostilité virulente, affirmant publiquement une éthique de responsabilité qui marque son rôle civique.
juin 1979
Campagne des premières européennes
En menant la liste UDF aux premières élections européennes au suffrage universel direct, elle quitte le gouvernement et s’installe sur la scène européenne.
1998
Entrée au Conseil constitutionnel
Nommée par le président Jacques Chirac, elle passe du champ politique à la juridiction constitutionnelle, assumant un rôle d’arbitre des libertés publiques.
Ma formation
Baccalauréat (Nice) (Nice, France)1944
Baccalauréat obtenu à Nice, point final de sa scolarité secondaire juste avant son arrestation et la déportation.
Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) (Paris, France)1945 – 1948
Diplôme de Sciences Po, formation en sciences politiques au sortir de la guerre.
Études de droit, Université de Paris (Paris, France)1945
Licence en droit, socle de sa future carrière de magistrate.
Réussite au concours de la magistrature (Paris, France)1956 – 1956
Admission au corps judiciaire, étape déterminante vers ses responsabilités publiques.
Débuts comme magistrate, administration pénitentiaire (Ministère de la Justice) (Paris, France)1957 – 1964
Affectation à la direction de l'administration pénitentiaire, expérience fondatrice des politiques publiques.